Les Simpson, ces cinéphiles

Un échantillon des références cinéphiliques de la célèbre famille…

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Le FN, « premier parti de France » ?

Le FN est-il vraiment le premier parti chez les ouvriers et les jeunes ? A t-il atteint un plafond ? Est-il aux portes du pouvoir ? Mediapart fait du fact checking sur le sujet.

Avec Yves Montand, positive la crise !

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Le supplément de Libération

Il y a 8 ans, j’avais rédigé un mémoire en histoire sur cette émission diffusée le 22 février 1984 sur Antenne 2.
https://drive.google.com/file/d/0BxRM9MB3qjAvaXlKdjh0QmNBUmc/view?usp=docslist_api

Jamais en France une émission de télévision n’a eu une telle influence aussi longtemps après sa diffusion. Éloge sans nuances de la libre entreprise et du marché sans entraves, dénigrement systématique de l’action socio-économique de l’État, pédagogie de la soumission à la loi du marché à destination des salariés qui seraient tentés de défendre leurs droits, conversion d’une partie de la gauche aux idées néo libérales… 32 ans après,  ces idées là sont encore dominantes dans les médias et la classe politique. Pour de magnifiques résultats, dont la liste est (beaucoup trop) longue…

Pour celles et ceux qui ne liront pas (pour X raisons) les quelques 300 pages de ce mémoire, il y a plein d’articles ou de billets de blog sur le sujet. Entre Regards, Slate, Télérama, le Blog de Nico ou celui de Sylvain Rakotoarison, il y a de quoi se faire une idée de ce qu’était l’émission pour ceux qui ne l’ont pas vu ou en ont un vague souvenir. On peut aussi écouter l’émission de Là-bas si j’y suis sur le sujet en complément.

Il est intéressant de lire ce que Philippe de Villiers écrit sur son passage dans Vive la Crise ! (extraits ici). Il présente les créateurs de l’émission comme les promoteurs d’un « évangile européiste et mondialiste« . Il oublie de dire que feu Michel Albert (qui a eu l’idée de le recruter) ne lui avait pas collé un pistolet sur la tempe pour avoir sa participation. S’il a participé volontairement, c’est parce qu’il croyait au moins en partie au message de l’émission, la défense de la libre entreprise, entre autres. Le vicomte ne veut pas admettre qu’il a ce point commun avec les européistes tant détestés. L’admettre, c’est reconnaître qu’il a été leur complice. Comme beaucoup de gens de droite, il est conservateur sur le plan sociétal, libéral économiquement dans les frontières nationales, mais protectionniste et souverainiste à l’extérieur.  Accessoirement, le cas de Villiers montre que la droite identitaire n’est pas du tout claire sur les questions économiques. Il n’y a qu’à voir les débats au FN sur la position du parti sur l’euro…

Parler d’une émission comme Vive la Crise !, c’est faire l’histoire d’une défaite idéologique de la gauche, sur les questions sociales et économiques. Une défaite qui en annonce d’autres. À quoi sert la gauche si elle dit la même chose que la droite. Comme le disait hier Pouria Amirshahi lors d’une diffusion de la Web TV du Mouvement Commun, l’enjeu n’est pas l’identité nationale, mais le projet national…

Beyoncé est noire. Ah bon ?

Le Saturday Night Live a réagi à sa manière à la polémique déclenchée par la chanson de Beyoncé à la mi-temps du Super Bowl. Par une vidéo hilarante aux allures de film catastrophe, les comiques de NBC tournent en ridicule ceux qui découvrent avec stupéfaction que Beyoncé n’était pas si indifférente que ça à la question raciale. Une question très sensible aux USA, surtout quand il est question des noirs

Hayange ou le lepenisme municipal

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Vincent Jarousseau et Valérie Igounet, accompagnés par le rédacteur en chef Patrick de Saint Exupery, ont présenté à Belleville leur reportage-roman-photo pour XXI sur la ville de Hayange, l’une des 12 communes administrées par le FN depuis les municipales de 2014. Pourquoi choisir la forme du roman-photo pour parler du FN et de ses électeurs à Hayange ?  Pour Patrick de Saint Exupery, c’est parce que le sujet ne pouvait pas être traité directement par un simple reportage écrit ou un simple reportage photo. D’où cette forme très originale pour développer un récit qui n’est pas fictif.

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Vincent Jarousseau, Valérie Igounet et Patrick de Saint Exupery
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L'objet du délit

Vincent Jarousseau et Valérie Igounet ont insisté plusieurs fois sur le fait que le FN prospérait moins à cause de ses qualités supposées qu’à cause des défaillances de ses adversaires. Le FN a gagné dans des communes où l’équipe sortante était contestée soit pour son bilan, soit pour son intégrité morale, ou bien les deux. Beaucoup d’électeurs leur ont dit « On n’a pas essayé le FN, pourquoi pas eux, pourquoi feraient-ils pire… » Les gens sont tellement dégoûtés par les politiques et leur impuissance qu’ils sont prêts à voter pour ceux qui leur donne l’impression de reprendre leur destin en main, à savoir le FN. De plus ils ont le sentiment que le FN les écoute et est prêt à régler leurs problèmes, même ceux qui paraissent sans grande importance  (les boules des sapins de Noël qui fréquemment volées…)

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Antoinette Guhl au micro

La conseillère EELV de Paris  (et élue dans le 20e) Antoinette Guhl citait un exemple de la volonté du FN de se présenter comme un parti proche des gens. Sa mère, qui habite encore à Hayange, lui a raconté que Fabien Engelmann avait déclaré que sa voiture de fonction serait mise à disposition des personnes âgées qui souhaitent se rendre à l’hôpital. Plus tard un service de navettes était mis en place.

Par son souci affiché de la proximité, voire en donnant l’impression qu’il s’occupe du bien commun (à travers la lutte contre les incivilités), le FN contraste avec les autres partis, si on se place du point de vue de ses électeurs. Les autres organisations, considérées comme déconnectées de la réalité, sont inaudibles.

Pour ceux qui ne veulent pas être désespérés par l’ascension du FN, je recommande vivement la lecture des articles qui sont avant et après le roman-photo. Le premier sur la rockeuse/poétesse/performeuse/Web entrepreneuse/députée islandaise Birgitta Jónsdottir, le second sur la maire de Madrid Manuela Carmena, ancienne magistrate élue avec le soutien de Podemos et du PSOE qui a battu une cadre historique du PP, Esperanza Aguirre.

BHL, le sophiste déguisé en (nouveau) philosophe

S’il n’y avait qu’un documentaire à voir sur ce personnage, ce serait la vidéo d’Usul. En complément, il y a la page Wikipedia du bonhomme, dont les faits et méfaits dans le monde intellectuel sont nombreux.

En bonus, la chanson de Renaud sur les attentats pâtissiers contre le pompeux cornichon.

Et une analyse 😂 du film que BHL a commis en 1997 avec sa femme et Delon, Le Jour et la Nuit :

Trepalium : le travail rend-il heureux ?

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Trepalium (1/6) http://www.arte.tv/guide/fr/054813-001-A/trepalium-1-6 @ARTEfr

Une société où 80% de la population est au chômage, et où les 20% restant se tuent au travail. De la science-fiction ?  Pas sûr, quand on regarde la conjoncture économique. Certains vont même jusqu’à prédire une crise pire que celle des subprimes

Assurance chômage : la dégressivité, c’est la régression

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Le pôle de désorientation des chômeurs ?

Le gouvernement a fait part à de nombreuses reprises de sa volonté de réformer l’assurance chômage. Ce n’est pas la première fois que le sujet est mis sur la table.

Certains, dans les organisations patronales, ou au gouvernement, ont lancé, directement ou indirectement, l’idée de la dégressivité des allocations chômage, abandonnée en 2001. Mais des études, dont une de l’INSEE, ont montré que les allocations dégressives n’avaient pas l’effet souhaité, pousser les chômeurs à retrouver un emploi. Pire, elles freinaient le retour à l’emploi, surtout chez les chômeurs de longue date.

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Le RMI/RSA des années 1990 à aujourd'hui
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Comment est financé le RSA ?
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Où sont les allocataires du RSA ?

Ensuite, sur les 5 millions de chômeurs, à peine la moitié perçoit l’assurance chômage. Près de 2 millions de personnes touchent le RSA. Celui-ci a échoué à ramener la majorité des chômeurs vers l’emploi. Le conseil departemental du Haut-Rhin croit (ou plutôt feint de croire) qu’on peut régler le problème en forçant les RSAistes à travailler bénévolement. Faire cela revient à pervertir le principe du bénévolat,  qui repose sur le volontariat et l’absence de contrainte(s), qu’elle(s) vienne(nt) de l’employeur ou des pouvoirs publics.

Vouloir la dégressivité des allocations chômage, c’est faire peser sur les chômeurs deux responsabilités. D’abord, la responsabilité morale et le coût économique de leur situation personnelle. Ensuite, la responsabilité directe et le coût social de la situation de l’assurance chômage, dont le déficit est surtout dû au recours aux emplois précaires (car mal payés) et aux exonérations de cotisations patronales (qui depuis le milieu des années 1980, n’ont pas vraiment fait baisser le chômage). Enfin, la fraude aux prestations sociales est moins le fait des chômeurs que celui des entreprises (comme le non paiement, volontaire ou non, des cotisations à l’URSSAF).

Quant à Pôle Emploi, créé en 2009 par la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, il a fait la preuve de son échec. La structure n’a pas atteint les objectifs fixés à sa création : faire des économies (le budget a augmenté de 80% depuis 2009), sans augmenter les effectifs (2000 embauches par an en 2014 selon un ancien directeur adjoint), avec 40 à 60 demandeurs d’emploi par conseiller (comme chômeur, j’ai rencontré une conseillère disant avoir 200 personnes dans son portefeuille…). Les conseillers orientent les chômeurs dont ils ne peuvent pas s’occuper vers des prestataires privés payés par Pôle Emploi, donc l’État et les assurés sociaux, qui ne sont pas toujours efficaces. Plus grave, la principale société de placement de chômeurs, C3 Consultants, a déposé le bilan au printemps 2014, et son ex PDG a été mis en examen pour abus de biens sociaux. Malgré cela, Pôle Emploi continue de payer cette société plusieurs millions d’euros et de lui envoyer des demandeurs d’emploi…

Quelque soient les décisions prises par le gouvernement sur la question du chômage, ou du Code du Travail, elles doivent reposer sur quatre principes : ne pas stigmatiser les chômeurs (ce qui ne veut pas dire ne pas les contrôler), garantir un filet de sécurité, faciliter autant que possible le retour à l’emploi, garantir les droits des salariés dans l’entreprise. Quoiqu’en disent certains patrons et certains politiques, il n’y a pas de chômage heureux…