Assurance chômage : la dégressivité, c’est la régression

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Le pôle de désorientation des chômeurs ?

Le gouvernement a fait part à de nombreuses reprises de sa volonté de réformer l’assurance chômage. Ce n’est pas la première fois que le sujet est mis sur la table.

Certains, dans les organisations patronales, ou au gouvernement, ont lancé, directement ou indirectement, l’idée de la dégressivité des allocations chômage, abandonnée en 2001. Mais des études, dont une de l’INSEE, ont montré que les allocations dégressives n’avaient pas l’effet souhaité, pousser les chômeurs à retrouver un emploi. Pire, elles freinaient le retour à l’emploi, surtout chez les chômeurs de longue date.

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Le RMI/RSA des années 1990 à aujourd'hui
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Comment est financé le RSA ?
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Où sont les allocataires du RSA ?

Ensuite, sur les 5 millions de chômeurs, à peine la moitié perçoit l’assurance chômage. Près de 2 millions de personnes touchent le RSA. Celui-ci a échoué à ramener la majorité des chômeurs vers l’emploi. Le conseil departemental du Haut-Rhin croit (ou plutôt feint de croire) qu’on peut régler le problème en forçant les RSAistes à travailler bénévolement. Faire cela revient à pervertir le principe du bénévolat,  qui repose sur le volontariat et l’absence de contrainte(s), qu’elle(s) vienne(nt) de l’employeur ou des pouvoirs publics.

Vouloir la dégressivité des allocations chômage, c’est faire peser sur les chômeurs deux responsabilités. D’abord, la responsabilité morale et le coût économique de leur situation personnelle. Ensuite, la responsabilité directe et le coût social de la situation de l’assurance chômage, dont le déficit est surtout dû au recours aux emplois précaires (car mal payés) et aux exonérations de cotisations patronales (qui depuis le milieu des années 1980, n’ont pas vraiment fait baisser le chômage). Enfin, la fraude aux prestations sociales est moins le fait des chômeurs que celui des entreprises (comme le non paiement, volontaire ou non, des cotisations à l’URSSAF).

Quant à Pôle Emploi, créé en 2009 par la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, il a fait la preuve de son échec. La structure n’a pas atteint les objectifs fixés à sa création : faire des économies (le budget a augmenté de 80% depuis 2009), sans augmenter les effectifs (2000 embauches par an en 2014 selon un ancien directeur adjoint), avec 40 à 60 demandeurs d’emploi par conseiller (comme chômeur, j’ai rencontré une conseillère disant avoir 200 personnes dans son portefeuille…). Les conseillers orientent les chômeurs dont ils ne peuvent pas s’occuper vers des prestataires privés payés par Pôle Emploi, donc l’État et les assurés sociaux, qui ne sont pas toujours efficaces. Plus grave, la principale société de placement de chômeurs, C3 Consultants, a déposé le bilan au printemps 2014, et son ex PDG a été mis en examen pour abus de biens sociaux. Malgré cela, Pôle Emploi continue de payer cette société plusieurs millions d’euros et de lui envoyer des demandeurs d’emploi…

Quelque soient les décisions prises par le gouvernement sur la question du chômage, ou du Code du Travail, elles doivent reposer sur quatre principes : ne pas stigmatiser les chômeurs (ce qui ne veut pas dire ne pas les contrôler), garantir un filet de sécurité, faciliter autant que possible le retour à l’emploi, garantir les droits des salariés dans l’entreprise. Quoiqu’en disent certains patrons et certains politiques, il n’y a pas de chômage heureux…

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